Une démarche de recherche-action
De juin 2024 à Janvier 2026, Cultures communes a déployé une méthode fondée sur la recherche-action et l’observation des pratiques grâce à des journées de formation-sensibilisation, et des temps d’analyse collective pour expérimenter concrètement la prise en compte des droits culturels. Plus qu’un cadre théorique, il s’agissait de tester, ajuster et transformer les manières d’être et de faire.
Echanges et témoignages
Lors de cette journée de restitution, 2 tables rondes ont permis de mettre en partage les témoignages d’acteurs culturels et sociaux, d’approfondir les thématiques posées et d’explorer collectivement les préconisations ou recommandations pour le respect des droits culturels.
Une boîte à outils pour se questionner
Ainsi, la première table ronde posait une question centrale : "les droits culturels peuvent-ils devenir une boîte à outils pour observer, analyser et faire évoluer nos pratiques professionnelles ?"
Adopter les droits culturels, c’est "chausser de nouvelles lunettes" : interroger ses habitudes, son rapport aux publics, ses modes de coopération.
Cela suppose de revisiter ses actions à l’aune de principes tels que la co-création, la coopération ou la co-diffusion. Dans un contexte de fortes incertitudes économiques et de tensions sur les financements publics, cette approche invite aussi à changer de paradigme : élargir le champ d’analyse pour préserver les enjeux démocratiques et culturels, et renforcer la capacité d’agir des professionnel·les comme celle des habitant·es.
Agir local, penser global
La seconde table ronde abordait une autre dimension : "les droits culturels sont-ils un levier pour agir localement tout en pensant globalement ?"
En droit français, les droits culturels ne sont pas explicitement consacrés comme des droits fondamentaux autonomes et directement opposables. Ils sont toutefois reconnus indirectement à travers plusieurs textes, notamment la loi NOTRe (2015) et la loi LCAP (2016), qui invitent les collectivités publiques à prendre en compte les droits culturels dans leurs politiques publiques. Leur portée reste principalement incitative, même si certaines protections peuvent être mobilisées via les libertés fondamentales garanties par la Constitution et par la Convention européenne des droits de l’homme.
Dans un contexte de précarisation croissante et de durcissement social, les droits culturels n’apportent pas de solution miracle. Mais ils constituent une réponse possible, en mettant l’accent sur le développement des capacités des personnes et leur pouvoir d’agir.
Repenser la relation publique : vers une troisième voie ?
Les échanges ont également soulevé des questions stratégiques pour les collectivités :
- Comment construire des relations avec les acteurs culturels qui respectent les droits culturels des uns et des autres ?
- Comment inventer une troisième voie fondée sur la coopération et l’autodétermination ?
- Comment concrétiser les droits culturels dans les cadres juridiques et administratifs existants ?