L’Art contemporain à ciel ouvert
StrasbourgStrasbourg offre à ses habitants et aux visiteurs un véritable musée à ciel ouvert. Une grande diversité d'œuvres contemporaines comme des sculptures monumentales et installations issues de commandes artistiques de la Ville de Strasbourg et signées de grands noms et de talents locaux, racontent la ville, son histoire et ses habitants.
L’art s’installe sur les places, le long des avenues, sur les murs et jusque sur les quais du tramway. Venez découvrir une vingtaine d'œuvres à votre rythme, dans cette proposition de circuit. Levez les yeux, asseyez-vous, baissez le regard : chaque œuvre est une invitation à regarder la ville autrement.
Bonne balade !
étape 1
Le Chat des Rives de l'Aar (2000)
Artiste : Alain Séchas
Un chat en maillot, bouée-cygne à la taille et palmes aux pieds, Alain Séchas met en scène son célèbre personnage dans une situation aussi drôle que déroutante.
Placé parallèlement à la rivière, à la route et aux rails, avec ses grands yeux ronds et son air un peu gêné, le chat semble surpris d'être là. Derrière l'humour, l'artiste nous invite à nous observer et à interpréter un élément sorti de son contexte.
étape 2
Two Pieces Reclining Figure Cut (1981)
Artiste : Henry Moore
Deux blocs de bronze, un corps allongé : Henry Moore, grand sculpteur britannique, réinvente la figure féminine couchée en la simplifiant jusqu'à l'épure. Coupée en deux, la silhouette laisse un vide entre ses parties, faisant respirer l'œuvre : l'air, la lumière et le vent la traversent. Tournez autour, selon l'angle, on observe le paysage alentour ou les parties d'un corps.
étape 3
Triolet (1986)
Artiste : Godwin Hoffmann
Telle une invitation à goûter à la rigueur et à la simplicité des formes, les trois éléments triangulaires de béton qui composent l'œuvre sont des formes pures, ce qui fait que l'œuvre existe par elle-même.
Ici, la couleur diluée et laissée couler, nous ramène à la matière, le béton n'est plus un simple support, il devient l'œuvre.
étape 4
Sans titre, "Les gens ont des montres rarement des boussoles" (2000)
Artiste : Jean-Marie Krauth
Baissez les yeux sur le quai, une petite boussole est incrustée dans le sol. Jean-Marie Krauth y a inscrit le nom d'un lieu cher à quelqu'un, un rêve, un désir, un souvenir, confié par des riverain·es, des passant·es ou des ami·es. Discrète, l'œuvre fait de chaque arrêt l'escale d'un voyage atypique.
Sur la suite de votre parcours, cherchez également cette petite boussole aux arrêts Contades et République !
étape 5
La Spirale Aby Warburg (2002)
Artiste : Bert Theis
Sur la place de la République, Bert Theis a introduit une courbe inattendue : un banc en spirale ascendante, fait de lattes de bois blanc, qui s'élève sur une douzaine de mètres. Au sommet, une petite placette accueille un bananier japonais qui se renouvelle chaque année, comme une horloge naturelle.
La construction rigoureuse de la place et son caractère intouchable, donnent à l'œuvre toute son originalité en ce qu'elle dévie le sens de l'orientation.
étape 6
La Naissance de la civilisation (1988)
Artiste : Tomi Ungerer
Au bord du canal, un morceau d'aqueduc romain en briques et, à sa base, la tête de bronze de Janus, à moitié plongée dans l'eau. Tomi Ungerer imagine cette fontaine pour les 2 000 ans de Strasbourg, l'antique Argentoratum. Janus, dieu aux deux visages, regarde vers le passé et vers l'avenir, mais aussi vers la ville historique et vers la Neustadt : un symbole de la double culture, française et germanique, de l'Alsace.
étape 7
Woman Walking to the Sky (1994)
Artiste : Jonathan Borofsky
Une femme avance d'un pas décidé sur un mât incliné de 25 mètres. Jonathan Borofsky la conçoit en réponse à son Man Walking to the Sky, installé à Kassel (Allemagne) en 1990 : deux œuvres jumelles, dans deux villes d'Europe, que l'artiste rêvait d'aligner dans le ciel. Autour d'elle, piétons, voitures et trams se croisent, et chacun la voit sous un angle différent.
Une invitation à lever les yeux, et à avancer, chacun à sa manière.
étape 8
Le bar des plantes (2005)
Artiste : Jean-Luc Vilmouth
Jean-Luc Vilmouth transforme un arrêt de tram en petite serre, un kiosque de verre et de métal de près de 6 mètres de haut, où pousse la végétation, un peu d'exotisme au cœur de la ville. L'artiste imagine une œuvre qui vit : on peut y prendre un café, s'y attarder dans l'idée que l'installation puisse vivre dans le quotidien des passant·es.
étape 9
From the Air We Share (2018)
Artiste : Collectif FAILE
En 2018, pour les 20 ans du musée d'Art moderne et contemporain, le duo FAILE, basé à Brooklyn, a couvert ses façades extérieures d'une fresque de 1000 m². Après avoir découvert Strasbourg, les deux artistes ont écrit un poème, "From the Air We Share", puis l'ont mis en images : une petite fille qui danse, des boules de Noël, des figures de l'histoire et des légendes de la ville, de Marie-Antoinette au diable de la cathédrale.
Inspirée de la bande dessinée et du pop art, cette fresque invite à chercher les détails, comme dans un immense livre d'images.
étape 10
Hortus conclusus (1992)
Artiste : Mimmo Paladino
Sur la terrasse du musée d'Art moderne et contemporain, un cheval de bronze et de feuilles d'or se dresse à 4 mètres de haut. Mimmo Paladino, artiste de la Trans-avant-garde italienne, l'intitule Hortus Conclusus, "jardin clos", un titre emprunté à la peinture médiévale du jardin du paradis. Dans de nombreuses cultures, le cheval accompagne le passage entre la vie et la mort.
Ici, il domine la ville dans une interprétation artistique contemporaine.
L'œuvre est visible depuis la place Jean-Hans Arp
étape 11
Hommage à Louise Weiss (1993)
Artiste : Marc Linder
Au square Louise Weiss, dans le quartier de la Petite France, une colonne de grès rose s’élève au bord de l'Ill. Le sculpteur Marc Linder l’a imaginée en 1993 pour rendre hommage à Louise Weiss (1893-1983), journaliste, écrivaine et pionnière de l’idée européenne. Elle revendiquait ardemment le droit de vote des femmes et était engagée pour la paix et le rapprochement franco-allemand, avant de siéger au Parlement européen. À côté, une plaque de bronze et son médaillon rappellent sa place dans l’histoire.
étape 12
Caveau pour le futur (1995)
Artiste : Raymond-Émile Waydelich
Sur la place du Château, un caveau est scellé dans le sol : à l'intérieur, une capsule que la Ville demande de n'ouvrir que le 23 septembre de l'an 3790. Raymond-Émile Waydelich, artiste strasbourgeois qui se disait "archéologue du futur", y a rassemblé en compagnie de Lydia Jacob des traces de notre époque : inquiétudes pour les espèces et le patrimoine, dernières trouvailles technologiques, pénurie alimentaires, crise d'identité et des valeurs. Un clin d'œil inventif qui pose une question simple : que voudrions-nous transmettre aux générations futures ?
étape 13
Les cimetières des naufragés / Symbolisme (1988)
Artiste : Ian Hamilton Finlay
Devant nous, une dalle de grès rose repose parmi les parterres du jardin du musée de l'Œuvre Notre-Dame. Ian Hamilton Finlay, artiste écossais, fait référence aux "cimetières des naufragés", ces lieux que l'on trouve en Grande-Bretagne pour honorer la mémoire des marins perdus en mer. Discrète, elle dialogue avec les pierres tombales médiévales voisines, elles aussi posées à même le sol. Une œuvre qui se fonde presque dans le décor et invite à ralentir le pas et à regarder d'un peu plus près ce que l'on croise sans le voir.
étape 14
Le point de convergence (2012)
Artistes : Egbert Broerken, Raymond-Émile Waydelich
Sur votre chemin, ce plan relief coulée dans le bronze reproduit fidèlement la Grande île, classée au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1988. Egbert Broerken, maquettiste allemand, en a réalisé le tracé minutieux, tandis que Raymond-Émile Waydelich a dessiné les bas-reliefs du socle. Pensée pour être vue autant que touchée, l'œuvre porte les noms des grandes artères en braille, pour que chacun puisse découvrir du bout des doigts la silhouette de Strasbourg.
étape 15
Pallas Athénée (1968)
Artiste : François Cacheux
Se dresse ici la figure d'Athèna, déesse de la guerre, sculptée dans le calcaire. Haute et sereine, elle veille sur l'entrée du campus. François Cacheux, ancien directeur des Arts Décoratifs de Strasbourg, l'a sculptée de 1965 à 1968, dans un bloc monolithe de 54 tonnes. Sur son socle, ses emblèmes sont gravés en creux : la chouette signifiant l'intelligence, l'olivier, poussant là où Athèna pose la base de sa lance et le serpent pour la protection de la cité et la puissance guerrière.
A ses pieds, un miroir d'eau redouble son reflet. Sagesse et savoir, gravés dans la pierre, pour accuillir ceux qui passent le seuil de l'université.
étape 16
L'allée des sculptures (2000)
Artiste : Jean-Marie Krauth (conception de l'allée)
Le long de l'avenue du Général de Gaulle, des sculptures d'Émile Gilioli, André Ramseyer, Antoine Poncet, Ossip Zadkine et d'autres amis ou disciples de Jean Arp se dressent sur des socles rouges, bleus et jaunes, aux formes strictement identiques, en écho à l'architecture voisine.
Ces socles sont aussi des bancs, on peut s'y asseoir et partager le même espace que les sculptures, comme si le passant devenait lui-même une œuvre vivante.
Œuvres :
- Robert Couturier, Hommage à Maillol (1968)
- Émile Gilioli, La persistance de la Sphère (1966-67) et L'Ange (1947)
- Isabelle Waldberg, Glyptothèque (1967)
- Emilio Greco, Grande baigneuse 2 (1957)
- Wilhelm Loth, Figur 9/61 – Stürzende Figur (1961-62)
- André Ramseyer, Escale (1962)
- Roël d'Haese, A Lumumba (1961)
- François Stahly, Arbre-mère (1961)
- Louis Wercollier, Vide Étreint (1961)
- Ossip Zadkine, Le Couple (1966)